A quand le dinar convertible?

 

Qu’est-ce qu’une monnaie convertible?

Une monnaie est considérée comme convertible lorsqu’elle peut être librement échangée contre une autre monnaie nationale étrangère. Cette convertibilité peut toutefois impliquer des conditions ou restrictions de change dans certains cas.

A ce jour, le dinar tunisien n’est pas convertible. cela veut dire que vous ne pouvez pas en “acheter” depuis l’étranger, et que le dinar ne vous permet pas d’acheter des devises étrangères, comme le dollar ou l’euro.

 

Pourquoi le dinar tunisien n’est pas convertible?

Il n’est pas rare que la convertibilité totale d’une monnaie soit l’aboutissement d’une convertibilité dans les faits, c’est à dire qu’elle fasse suite à l’augmentation d’une demande sur les marchés internationaux. On pourrait ainsi la considérer comme un aboutissement: le signe qu’une économie a réussi à se libéraliser.

Mais la libéralisation d’une économie implique des risques, à commencer par la déréglementation des mouvements de capitaux: ainsi, tout détenteur (même étranger) d’un capital en dinars tunisiens est libre de l’échanger contre des monnaies extérieures. A ce jour, l’Etat s’est toujours opposé à cette prise de risques. Nous y reviendrons plus bas.

 

Pourquoi c’est un manque à gagner?

Généralement, une monnaie convertible permet de lisser le coût des produits et services au niveau des standards internationaux. La théorie libérale voudrait par ailleurs qu’une monnaie convertible favorise naturellement la répartition des crédits sur les entités les plus créatrices de valeurs. 

L’ouverture financière internationale aurait aussi le mérite de favoriser une plus grande diversification des risques, ainsi qu’une meilleure répartition de l’épargne. C’est aussi un signal envoyé aux marchés internationaux: l’Etat fera ce qu’il faut pour favoriser une plus grande intégration au marché mondial, et sera prêt à opérer les restructurations nécessaires.

Au niveau des ménages, une conséquence beaucoup plus observable est de ne pouvoir acheter en ligne à l’étranger. En effet, même Paypal, qui serait une solution, n’est pas autorisé en Tunisie, malgré les différentes négociations entreprises ces dernières années en ce sens.


Les risques d’une monnaie convertible

Le risque le plus couramment cité est la perte de souveraineté. La fuite des capitaux est en effet difficilement contrôlable dès lors que vous enclenchez le processus de convertibilité monétaire. 

Les effets de spéculation sur la monnaie locale peuvent aboutir à des risques d’instabilité économique au niveau national. Des rapports de force peuvent se mettre en place, et l’Etat ne dispose alors plus des pouvoirs que lui conférait la maîtrise de sa monnaie locale non convertible. De ce fait, on craindra que l’Etat se retrouve dans une situation d’impuissance face aux marchés internationaux, que des grandes entreprises publiques passent aux mains d’investisseurs étrangers, faisant craindre une perte de pouvoir et de contrôle, notamment sur les emplois locaux.

 

A quand un dinar convertible?

En considérant les faits énoncés plus haut, il est relativement courant de considérer que le dinar devrait devenir convertible à condition qu’un équilibre se crée d’abord entre l’offre et la demande de dinars. 

La Tunisie devrait ainsi retrouver une certaine forme de compétitivité économique à l’international dont elle s’est largement écartée depuis une dizaine d’année, se positionnant en sus dans une situation d’emprunt systématique sur les marchés internationaux. Dans cette situation, les risques d’une crise des liquidités serait aussi à prendre en compte. Enfin, les banques publiques elles-mêmes seraient en danger dans le cas ou une dette extérieure massive ne serait plus assumable.

On a ainsi du mal à imaginer que le dinar tunisien devienne convertible dans les années à venir.



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