L’essor du paiement mobile

Alors que la Tunisie fait encore ses premiers pas dans le paiement en ligne, et défend des projets comme la carte technologique ou encore le edinar, des projets titanesques prennent forme à l’international: les géants de la tech lancent leur propres modes de paiement en ligne. 

Un nouveau monde s’ouvre.

Qu’est-ce que le paiement mobile?

Tout d’abord, il faut bien comprendre qu’acheter depuis son téléphone ne constitue pas à un achat mobile ! En effet, dans le cadre d’un achat mobile, le téléphone se substitue littéralement à la carte de paiement par le biais d’un service qui l’associe au compte bancaire (ou porte-monnaie électronique) de son propriétaire.

Les principaux acteurs

En 2019, presque 20% des utilisateurs de mobile y auraient eu recours ! Ce marché a d’abord émergé à l’initiative des banques: à titre d’exemple, Paylib, lancé en 2013, est le fruit d’une collaboration entre Crédit Agricole, BNP Paribas, La Banque Postale, Société Générale, Arkéa, BPCE et Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Les grands opérateurs de la télécommunication ont ensuite suivi, avec des succès souvent mitigés.

Les géants de la tech à l'assaut du paiement mobile

Apple Pay, lancé en 2014 après signature d’accord avec les leaders du monde bancaire ainsi que de nombreuses grandes enseignes américaines, est aujourd’hui utilisé dans des centaines de milliers de boutiques physiques, et bien-sûr sur d’innombrables plateformes web. Il faut aussi compter avec Google Pay, ou encore AliPay du géant chinois AliBaba, très fortement implantés sur ce marché, avec des portefeuilles électroniques destinés aux paiements sur mobiles et tablettes.

S’ils optent pour des modèles gratuits ou peu coûteux, c’est parce que le moyen de paiement en lui-même n’est pas la source de revenu qu’ils attendent: en effet, Apple et Google par exemple ont tout intérêt à ce que les internautes utilisent leurs plateformes d’achat de musique, d’applications ou de jeux. Simplifier les procédures de paiement revient à fidéliser les utilisateurs.

Du paiement mobile… à la carte de paiement

Parfois, l’histoire s’inverse: c’est officiel depuis peu, Samsung fait son entrée sur le marché des cartes de paiement cet été. Un constructeur de téléphone en concurrence avec les banques, cela aurait pu paraître fantaisiste il y a encore quelques années. Samsung arrive pourtant sur un marché concurrencé. Déjà présent sur le marché des porte-monnaies électroniques, le constructeur coréen devient donc capable d’émettre des cartes de paiement, et a annoncé la gratuité de ce service à tous les utilisateurs, aussi bien qu'aux marchands qui accepteront ce mode de paiement !

Le paiement mobile en Tunisie?

Le paiement mobile en Tunisie existe sous des formes assez embryonnaires, pour créditer un abonnement téléphonique mobile par exemple. Par ailleurs, le Ministre des finances Nizar Yaiche annonçait en Mai la mise en place d’un portefeuille digital, destiné notamment au versement d’aides sociales. On a hâte de voir si ces nouveaux outils réussiront à s’installer dans les habitudes tunisiennes.

Il faut cependant rappeler, comme à chaque fois que l’on évoque l’épineux sujet de la convertibilité du dinar, que ces services ne permettront pas aux tunisiens de souscrire à des offres en devises internationales, et que les paiements mobiles émis par des compagnies comme Samsung ou Apple ne s’adosseront pas à des comptes en dinars. 

Il faut croire, comme souvent, que la Tunisie suivra sa propre voie, et espérer que le retard technologique ne la coupe pas du reste du monde.

 



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